5 Novembre 2013
Châtelaillon-plage est une station balnéaire construite au XIXe siècle sur une côte en érosion.
Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, la station balnéaire s’est développée sur une dune en arrière de la plage grâce à l’arrivée du chemin de fer en 1873. Mais la côte était déjà en érosion (recul de 200 m depuis le début du XVIIIe siècle).
En l’absence d’installations humaines, ce recul était passé inaperçu car le système plage-dune reculait parallèlement à la côte mais sans disparaître.
En 1857, l’épi de l’Eperon avait été construit à la hauteur de la pointe de Châtelaillon pour ralentir l’érosion, entraînant l’élargissement de la plage. Mais l’érosion se poursuivant plus au nord, un perré bétonné fut construit, progressivement prolongé vers le sud. Son versant marin fortement incliné favorisait la réflexion des vagues et interdisait tout échange entre la plage et le cordon dunaire. Il s’ensuivit un démaigrissement spectaculaire de la plage et la mer pouvait s’avancer à marée haute jusqu’au pied de la digue. La digue étant attaquée lors des tempêtes, un enrochement fait de gros blocs de diorite fut mis en place. Ainsi le choix d’une défense lourde se révélait-il un éche, et Châtelaillon avait fini par perdre sa plage. Le déclin de la station balnéaire était inéluctable.
A la fin des années 1980, la municipalité de Châtelaillon décida de faire face au problème de l’érosion marine avec une méthode dite « douce » respectant les dynamiques littorales naturelles et déjà largement utilisée à l’étranger : l’apport de sable pour compenser le déficit sédimentaire, cause principale de l’érosion des plages.
La première opération de ré-ensablement sur la plage centrale (1200 m de long) dura de 1989 à 1991. Les sables (330 000 m3) étaient prélevés par une drague flottante à 25 km au large et à 25 m de profondeur sur le banc de Chassiron, entre les îles de Ré et d’Oléron. Ces sables, de granulométrie légèrement supérieure à celle du sédiment de la plage naturelle, étaient refoulés par une pompe sur l’estran où ils étaient étalés sur une épaisseur de 4,5 m. Pour ces travaux dont le coût fut d’environ 3 800 000 euros, la commune reçut une subvention du Conseil général à hauteur de 40% du montant total. On pouvait craindre qu’une partie des sables acheminés par la dérive littorale vers le sud viennent ensabler le port de plaisance et au-delà les parcs ostréicoles. Mais l’épi de l’Eperon, allongé et transformé en jetée, a piégé l’essentiel du transit sédimentaire. Chaque année, un volume variable de sable est donc ramené vers la partie centrale de la plage (coût d’entretien : 30 000 à 76 000 euros/an). Pour piéger les sables transportés par le vent de la plage centrale vers la station, des brise-vent sont mis en place en hiver. Ils sont enlevés en été et le sable retenu est étalé sur l’estran.
Une deuxième phase de travaux a permis un nouveau rechargement de la plage de Châtelaillon en 1998 mais la source fut différente. Dans le cadre du Syndicat Intercommunal à Vocation Unique des Pertuis, on a utilisé les sables obstruant le chenal de la Perrotine sur le site de Boyardville dans l’île d’Oléron. 110 000 m3 de sables ont été ainsi répandus sur 600 m de la plage centrale. Cette deuxième phase de travaux a coûté 1 100 000 euros, le Conseil Général accordant une subvention de 40 % et la commune de Saint-Georges d’Oléron, où étaient prélevés les sables, prenant le dragage à sa charge (le tiers du montant total).
La station balnéaire a retrouvé une attractivité qu’elle avait perdue et le nombre de touristes est passé de 4000 à 44 000/an entre 1984 et 2000. D’autre part, les avantages du rechargement au centre et au sud de la station ont été clairement démontrés lors de la tempête de 1999 car la plage élargie a amorti les vagues, empêchant ainsi l’inondation de la ville.
De très jolies sculptures sur sable...
Le casino...
Les motos prennent l'air de la mer...
On arrive sur la commune des Bouchôleurs.
Qui ne connaît pas la moule de bouchots, celle qui grandit sur de longs pieux de bois plantés en pleine mer ?
L'origine de ce mot "bouchots" est très controversé : il existe entre autre celles d'un navigateur irlandais naufragé en baie de l'aiguillon, au nord de La Rochelle, qui pour survivre avait planté des pieux dans la vase pour y tendre des marvaux (filets à attraper des oiseaux de mer. Peu de temps après, il découvre que des moules s'étaient fixées sur les piquets. L'expression irlandaise "bout choat" serait à l'origine du mot.
Pour mieux comprendre les Boucholeurs, il faut parler de ce qui n'existe plus, une ville fortifiée de près de 20000 habitants . Nous sommes au IVème siècle et la ville est construite sur un éperon rocheux qui se développe sur plus de 600 mètres. Des murailles de 2 mètres d'épaisseur et de 12 mètres de haut, 14 tours et un donjon de 40 mètres pour surveiller la mer et l'arrières pays s'imposaient sur le paysage. En 1130, le duc d'aquitaine assiège et pille la ville ; c'est le début de son déclin, la nature fera le reste.
En 1709, un raz de marée emporte les derniers vestiges, la mer finit par venir à bout de l'éperon rocheux. De nombreux habitants quittent alors la région et partent plus au nord pour fonder la ville de Rupella (petite roche) qui deviendra plus tard La Rochelle. Quelques habitants restent cependant sur la hauteur de l'ancien site au lieu nommé aujourd'hui "le vieux Châtellaillon".
En 1823, ils ne sont plus que 150 habitants et Châtelaillon perd son titre de commune et se voit rattachée à celle d'Angoulins.
En février 2010, la tempête Xynthia envahit la partie basse du village. Au matin un paysage de désolation s'offre aux habitants.