13 Mai 2013
Nous voici partis pour Minerve, un des plus beaux villages de France, entre Cévennes et montagne noire, cette cité s'élève sur un éperon rocheux qui domine les gorges de la Cesse et du Brian.
Auparavant, nous avons "suivis" le canal du midi, une des oeuvres majeures du règne de Louis XIV au 17ème siècle. Permettant de relier l'Atlantique à la Méditerranée, ce chef-d'oeuvre, dû au génie de Pierre-Paul Riquet, est une des fiertés du Languedoc. Autrefois, il apporta à la région sa prospérité commerciale. Aujourd'hui, le tourisme a pris la relève et, depuis son classement à l'UNESCO en 1996, le canal du midi jouit d'une notoriété mondiale.
Avec ses 360 km navigables et ses 328 ouvrages (écluses, aqueducs, ponts, tunnels...), le réseau du canal du midi réalisé entre 1667 et 1694 constitue l'une des réalisations de génie civil les plus extraordinaires de l'ère moderne, qui ouvrit la voie à la révolution industrielle. Le souci de l'esthétique architecturale et des paysages créés en fit non seulement une prouesse technique mais aussi une oeuvre d'art.
Personnellement, j'ai trouvé que promener nos montures le long de ce canal était très reposant et d'une pure beauté.
Un décor naturel grandiose s'offre à nous en arrivant à Minerve. Une longue histoire géologique et un travail sans répit de l'eau a creusé le calcaire du causse, formant ainsi d'étroits canyons.
La porte basse, enceinte du village.
Un peu d'histoire sur Minerve :
Etablie sur une presqu'île de pierre d'accès difficile, Minerve est une puissante cité pendant la période médiévale, restée célèbre pour sa résistance et son sort tragique lors de la croisade des Albigeois. La croisade, proclamée par l'église catholique contre le catharisme débute en 1209 par la prise de Béziers. A partir de 1210, la cité de Minerve est prise dans les tourments de la croisade, appelée par le pape Innocent III.
Simon de Montfort, chef militaire de la croisade, décide de prendre la cité réputée imprenable. Faisant placer des catapultes et trébuchets autour de la place forte, il ordonne sa destruction. Le seul point d'eau de la cité, le puits saint-Rustique, rendu inutilisable, le manque de vivres, la chaleur contraignent rapidement le vicomte de Minerve Guillaume à capituler après 7 semaines de siège. Les croisés ne laissent pas d'autres choix aux cathares que de se convertir. Refusant d'abjurer leur foi qui leur laisserait la vie sauve, 140 cathares sont condamnés et se jettent eux-même dans le bûcher. Minerve fut le 1er bûcher collectif du début de la croisade.
La réplique de la malevoisine : cette dangereuse catapulte s'appelle la malevoisine et fut menacée de destruction par 2 chevaliers et Guillerme de Minerve qui voulurent la brûler. Mais un soldat de l'armée des croisés qui s'était écarté pour des besoins naturels arrive et donna l'alerte. La malevoisine fut sauvée. Pour épargner et protéger leur seigneur, les 2 chevaliers se firent couper la tête et pour montrer que les croisés étaient sérieux, Simon de Montfort éjecta avec la malevoisine les 2 têtes coupées dans le village de Minerve. Pour que les Cathares se rendent, les croisés, à cause de la malevoisine détruisirent la barbacane et le puits qui servaient de réserve d'eau pour les Minervois. L'histoire des cathares de Minerve se termina par un bûcher dans le lit de la Cesse.